Les netbooks: un succès commercial confirmé
Tube de l’année 2009, les notebooks continuent de littéralement cartonner et sont l’exception dans un marché informatique que la crise a touché. Légers – entre 1kg et 1,5KG – relativement économiques, 250 à 500€, et dotés d’une bonne autonomie, ils sont le compagnon idéal de l’internaute en déplacement. Revers de la médaille une puissance limitée et un écran de petite taille. A l’heure de la surenchère technologique à coup de processeurs 64 bits et des OS surpuissants (Windows Seven, MacOSX Snow Leopard) les notebooks jouent les extra-terrestres et cultivent le « small is beautifull ». Et cela ne semble pas déplaire aux utilisateurs qui les plébiscitent.
Un Windows XP qui date de… 2001 !

Un notebook s'emporte et se connecte partout
Or, lorsque vous déballez votre Notebook et l’allumez pour la première fois, que voyez vous? Un windows XP qui date de 2001. Cette année là , le wifi en était aux balbutiements, et la 3G ainsi que les réseaux sociaux inexistants. Les constructeurs de notebooks ne trouvant que XP comme système assez léger pour tourner sur ces petits ordinateurs, l’ont affublé de tonnes de pilotes livrés sur un CD dans la boîte….alors qu’un netbook n’a pas de lecteur de CD. Situation abracadabrante à l’heure du « plug & play »: de chouettes machines motorisées par un système anachronique.
Le marché des netbooks : une avenue pour Google
Microsoft n’a que faire des notebooks, trop occupé à préparer Windows Seven après l’échec de Vista. La place est donc vacante et c’est l’autre géant de l’internet, Google, qui va s’engouffrer dans la brèche à coup d’annonces alléchantes. Programmé pour 2010 Chrome OS sera leur système d’exploitation dédié aux notebooks. Une utilisation principalement dédiée à Internet positionne à merveille Google dans une quadrature du cercle formée par le moteur de recherche (Google), le navigateur (Chrome), un système d’exploitation (Chrome OS) et les téléphones (Android). La boucle est bouclée. Mais pas tout à fait…
Jolicloud, l’empêcheur de googler en rond
C’est sans compter sur Tariq Krim, un jeune web entrepreneur français qui n’en est pas à son coup d’essai. Fondateur du site Netvibes qui a contribué à populariser les fils RSS, il a pour habitude de se frotter à Google:
« Mon étude de marché, je l’ai faite dans les rayons des boutiques rue Montgallet à Paris. Les gens cherchent principalement des petites machines pour se connecter. Pour les jeux, ils ont souvent déjà une console ».
…nous avoue-t-il. Persuadé que le netbook représente de plus en plus l’informatique personnelle populaire, il se lance dans l’aventure du système d’exploitation en fondant Jolicloud. Son objectif: développer rapidement un système d’exploitation gratuit le plus léger possible et exclusivement réservé aux notebooks (peu puissants et dotés de petits écrans) où la fonction de connexion à internet est intégrée dès l’installation. Que celui qui n’a jamais peiné à installer les « drivers » de sa clé 3G lui jette son premier plantage.
Une finition soignée plus proche de MacOSX que de Linux

Un windows XP et Firefox sur un netbook
Jolicloud est un système basé sur le déjà très connu Linux (la distribution « Ubuntu Netbook Remix » pour être précis). Une N-ième distribution ? Pas tout à fait: il soigne les détails et bichonne l’utilisateur final. Le système s’installe depuis une clé USB de 1Giga et rend votre Notebook opérant dés son installation: le réseau ethernet, la clé 3G ou le wifi sont tous reconnus. Pourtant Jolicloud n’en est qu’à sa version dite « alpha » et de ce fait réservée aux développeurs.

Un écran utilisé au maximum avec firefox sous jolicloud
Le travail de finition ne s’arrête pas là puisque tous les logiciels installés sont configurés afin de prendre le moins de place possible sur l’écran. La version embarquée de Netscape utilise au maximum toute la place disponible pour surfer.
Des applications « dans les nuages »
Autre originalité du système Jolicloud: celui de vous présenter les services web comme des applications. En s’affranchissant du navigateur web, vous gagnez encore plus de place à l’écran. Un problème de connexion aléatoire ? Aucun souci: certaines applications Jolicloud intègrent des fonctions de mise en cache permettant de les utiliser même déconnecté. La recherche, la lecture et la rédaction des emails GMAIL fonctionnent ainsi sans connexion et se synchronisent une fois la connexion rétablie. Rien l’innovant en absolu car ces technologies existent depuis longtemps (Prism de Mozzila et Gears chez Google) mais le tour de force de Jolicloud est de les intégrer totalement et de les rendre transparentes pour l’utilisateur là où l’utilisateur Linux devra à un moment où à un autre saisir des lignes de commandes.
Du côté des applications dites résidentes, c’est à dire celles qui ne s’exécutent pas sur le web, le choix est déjà assez conséquent: OpenOffice pour votre bureautique, VLC pour vos films, FSpot pour vider la carte mémoire de votre appareil photo… Les candidats sont nombreux et les applications sont choisies pour leur « légèreté » afin de préserver la puissance réservée de votre compagnon numérique.
Pour ceux à qui Windows manque, l’application Wine saura exécuter les logiciels Windows qui vous sont indispensables comme Spotify par exemple… mais on s’éloigne de l’esprit du notebook. Enfin, pour les plus malchanceux ou étourdis, si un pépin arrive à votre notebook (une perte ou une panne) Jolicloud synchronisera votre nouvel ordinateur avec les réglages de l’ancien dés la connexion sur internet. Cette fonction n’est toutefois pas encore présente sur la version actuelle.
Une levée des fonds en pleine crise
Jolicloud est une startup certes, mais elle a déjà réussi le tour de force de lever près de 3 millions d’euros en pleine crise. Le montant ne garantit pas le succès de cette entreprise qui aura fort à faire lorsque Google débarquera sur le marché, mais l’avance prise sur le terrain est déjà mesurable: Chrome OS n’est qu’une annonce pour l’instant alors que la version « alpha » de Jolicloud est déjà disponible. Gageons que cette petite société saura transformer ce bon départ en réussite commerciale.

Tester Jolicloud ?
Faites vous votre propre avis: 20 invitations privées à tester Jolicloud seront attribuées aux premiers commentaires à cet article. Nous vous invitons cependant à la prudence: même si Jolicloud fonctionne actuellement parfaitement sur notre notebook et que nous l’utilisons même pour rédiger certains de nos articles, c’est loin d’être la version finale du système. Consultez d’abord la liste des netbooks supportés.
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